De ma f'nêtre j'vois des gens qui courent et qui savent bien c'qu'ils ont à faire quand moi je me planque tout l'hiver pour écrire d'soit disant discours. De ma f'nêtre j'vois des tas de gosses qui n'savent pas encore c'que c'est que de voir passer sous son nez, le temps qui court et nous cabosse... De ma f'nêtre j'vois tes grands yeux qui m'répètent que j'suis ta femme, qui m'disent de plus faire de drame, plus m'faire de bile puisqu'on est deux... De ma f'nêtre j'vois une petite fille qui crie qu'on ne l'écoute pas et qui du bout de sa p'tite voix, de mes souvenirs me rhabille... De ma f'nêtre j'vois des autres fenêtres, des gens qui regardent des autres gens, des chagrins qui croisent des tourments, des tourments qui vont faire la fête. De ma f'nêtre j'vois tes grands yeux qui m'répètent que j'suis ta femme, qui m'disent de plus faire de drame, plus m'faire de bile puisqu'on est deux... De ma f'nêtre j'vois des p'tits moineaux qui s'font un régal de ces miettes,de ma vie que je leur jette et qui s'envolent aussitôt. De ma f'nêtre j'vois mon heure de gloire s'marrer avec mon jour de chance quand j'attends comme une évidence... Ma bonne étoile picole au bar. De ma f'nêtre j'vois tes grands yeux qui m'répètent que j'suis ta femme, qui m'disent de plus faire de drame, plus m'faire de bile puisqu'on est deux... De ma f'nêtre j'vois mes idéaux traîner avec les idées d'en bas, de belles histoires qui n'avancent pas qui prendront le dernier métro. De ma f'nêtre j'vois mon prince charmant qui s'fait la malle avec mes rêves, un beau conte de fée qui s'achève. IIs n'eurent pas beaucoup d'enfants... De ma f'nêtre j'vois tes grands yeux qui m'répètent que j'suis ta femme, qui m'disent de plus faire de drame, plus m'faire de bile puisqu'on est deux... ♥